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Nous sommes ici à Alicante pour la première épreuve de l’Audi MedCup et vous avez l’air plutôt satisfaits…. Ignacio Triay: “Oui, nous sommes heureux évidemment. Nous avons un nouveau sponsor, 8 nouveaux bateaux, 6 événements devant nous et les meilleurs marins du monde sont là. On ne peut qu’être content ! »
L’Audi MedCup est en pleine phase de transition. Nous avons connu une croissance exponentielle ces 3 dernières années. Et cela ne va pas s’arrêter là. Je pense cependant que le circuit et sa philosophie ont atteint leur maturité.
Nacho Postigo : « Le concept du circuit est mieux compris aujourd’hui. Chaque épreuve est un événement en soit, avec ses gagnants et ses perdants, ses moments forts et son atmosphère mais c’est le champion sacré en fin de saison qui compte. C’est de mieux en mieux compris par les medias. Pour que ce soit encore plus perceptible, nous avons fait en sorte que toutes les manches comptent cette année. Il faut penser le Circuit MedCup 2008 comme une épreuve de 60 régates. »
Quels sont les plus gros challenges à relever, pour vous organisateur ? Nacho Postigo: “Nous n’avons pas 25 bateaux à chaque épreuve. Certains pourraient penser que c’est un échec. D’autres pourraient se dire, en regardant la flotte : « Waouh. 8 nouveaux bateaux, c’est plutôt impressionnant. C’est le plus grand circuit de régates international.
Il y a un équilibre à trouver entre la qualité et la quantité. Il y a de nombreux éléments que nous ne contrôlons pas. Par exemple, nous ressentons vraiment les effets de l’actuelle débâcle au sein de l’America’s Cup. D’un côté, nous avons quatre équipes de la Coupe qui sont présentes en tant que telles. Et les stars de Valencia sont réparties partout au sein de la flotte. Mais d’un autre côté, cela devient de plus en plus compliqué avec des sponsors qui ne s’engagent plus forcément sur du long terme. Trouver des contrats de sponsoring a été difficile, pas seulement pour le circuit, mais aussi pour les équipes. »
Ignacio Triay: « L’Audi MedCup a toujours été à un très haut niveau de compétition, sur l’eau mais aussi entre les architectes. Cette année, c’est vrai que nous ressentons une certaine pression avec 3 équipes de l’America’s Cup plus Artemis, composé à 70% de gens de la Coupe. Cela fait prendre conscience aux propriétaires que pour être compétitifs, ils doivent faire les bons choix au bon moment. Il ne s’agit pas de dépenser beaucoup d’argent, mais de le dépenser à bon escient. Je pense que cette année, quelques propriétaires qui étaient dotés d’anciens bateaux ont quitté le circuit pour ces raisons. C’est dommage et c’est une chose à laquelle nous devons prêter attention pour l’avenir du circuit. »
N’ y a-t-il pas trop d’épreuves sur le circuit ? Nacho Postigo: “C’est quelque chose dont nous avons souvent discuté. Il n’y a pas de bonne réponse. Certains propriétaires nous ont dit qu’il y avait trop d’épreuves et qu’ils ne trouvaient plus le temps pour s’entraîner et même participer. Nous avons aussi entendu le contraire, que c’était beaucoup d’effort et d’argent pour trop peu de compétitions. Les équipes professionnelles souhaitent des épreuves où elles peuvent s’exprimer. Elles veulent une saison riche et bien remplie. En essayant de contenter les deux parties, je pense nous finirons, dans les prochaines années, par trouver le bon réglage. »
Mais rien n’oblige les équipes à participer à toutes les épreuves de la saison. Tout dépend si l’objectif est de remporter le titre. C’est un circuit professionnel. 75% des personnes ici sont payées pour régater. Sur la Coupe, c’est 100%. Aucun circuit ne s’approche autant de ce concept. A Alicante, nous avons 200 navigants professionnels, sans compter les équipes techniques, les pilotes de tender, les équipes de communication, de marketing et d’hospitalité. C’est un show à plusieurs millions d’euros. » Ignacio Triay: « Pour attirer d’autres propriétaires (et nous devons garder à l’esprit qu’il s’agit pour la plupart de bateaux de propriétaires) le circuit doit rester attractif. Cela signifie plusieurs choses : emmener les épreuves sur des lieux attrayants où ils peuvent profiter de l’atmosphère d’une ville, d’un pays, avec leurs familles et amis. C’est aussi assurer des régates de haut niveau, en terme d’organisation et d’un point de vue sportif. C’est encore assurer une couverture media pour que les sponsors aient un retour sur investissement, en enfin une promotion régionale et des opérations d’hospitalité.
Nous avons de la chance dans le basin Méditerranéen ! Ce n’est pas l’Atlantique Nord ! Il y a plein de superbes endroits où naviguer avec des ports, des hôtels et toutes les infrastructures touristiques à proximité. Nous devons garder cette identité : rester dans des lieux agréables pour naviguer. Et il n’y a rien de mieux que le bouche à oreille entre les marins. L’objectif de l’Audi MedCup est de combiner et d’équilibrer tous ces éléments. »
Les bateaux deviennent-ils trop chers ? Nacho Postigo: « Les TP 52 sont un phénomène intéressant. Ces bateaux vont vite et sont très fun pour la régate. Presque 40 bateaux ont été construits ces 5 dernières années pour le circuit. Ils ont un prix, c’est une réalité. Si vous construisez un bateau dans l’urgence, cela vous coûte encore plus cher. Si vous le construisez loin à l’étranger, le rapatriement en Europe est également onéreux. Vous pouvez réfléchir à la manière dont vous utilisez votre argent, ou être dépensier. Les TP 52 d’occasion ont une bonne cote parce que ce sont de super bateaux et que les gens veulent naviguer dessus. Il y a une flotte de 10 bateaux en Grande Bretagne qui régatent en IRC et qui participent à de nombreuses épreuves dans le nord de l’Europe. Ils ont une vraie une valeur. Et la MedCup a permis cela. L’effet retour de ce qui se passe ici est très important et je pense, sous-estimé.
Toutes les classes doivent attendre plusieurs générations avant d’arriver à une stabilité au niveau architectural et en terme de vitesse. Il y a 8 nouveaux bateaux. Ils seront rapides. Seront-ils plus rapides que les anciens ? Souvenez-vous que plusieurs équipes ont gardé leurs anciens bateaux, qu’elles les ont modifiés cet hiver et qu’elles ont pu retourner sur l’eau assez rapidement pour s’entraîner. Ces équipes là seront probablement plus compétitives le jour J pour le coup d’envoi de l’Audi MedCup.
Face à eux, certaines équipes ont fait construire un nouveau bateau relativement tard cette année. Elles arrivent à peine ou peu préparées pour le début des compétitions. La manière nous avons structuré le circuit cette année (toutes les manches comptent), met l’accent sur le fait que les équipes qui seront compétitives dès le jour 1 seront avantagées. Et il ne s’agit pas forcément de celles qui ont le bateau le plus rapide sur le papier.
Je pense qu’il sera intéressant de voir comment ces anciens bateaux modifiés, menés par des équipages bien rodés, se comporteront face à des nouveaux bateaux arrivée à la dernière minute. Peut-être que l’avantage relatif des nouveaux bateaux par rapport à l’ancienne génération ne sera pas aussi important. »
A quoi peut-on s’attendre cette année ? Ignacio Triay: “ Pratiquement la moitié de la flotte a été renouvelée en l’espace de 12 mois. C’est un gros changement.
Nous sommes aussi très attentifs à ce que le circuit soit considéré comme un circuit international et pas simplement espagnol. C’est venu d’Espagne, mais il se dispute dans 4 pays différents. Nous avons un sponsor titre, 12 nations inscrites et plus de 20 nationalités parmi les navigants. Sur mon bateau, Bribón, nous avons 7 nationalités différentes : un barreur néo-zélandais, des Espagnols, deux Français, un Américain, un Canadien, un Hollandais et un Italien.
Auparavant, ce sont les pays anglo-saxons qui régnaient dans ce milieu. Ici, nous avons des Russes, des Chiliens, des Italiens, des Espagnols et des Suédois. Il n’y a que les Jeux Olympiques qui soient plus cosmopolites que cela. » |
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